Convoion allié de noé

Le don de Ratuili doit être entériné par Louis le Débonnaire. Conwoïon porte lui-même sa requête une première fois au château de Joac en Limousin, une seconde fois à Tours. Or, l’empereur, qui désire franciser l’Armorique au plus vite, s’appuie sur les moines bénédictins et sur le Métropolitain de Tours. De plus le moine Colomban le Jeune qui a eu l’impudence de dénoncer la conduite de la reine n’est pas en odeur de sainteté à la cour. La donation ne sera officialisée que deux ans plus tard sur les instances de Nominoë et après que Conwoïon ait accepté de se soumettre aux règles bénédictines du couvent de Saint-Maur-sur-Loire. Les largesses qui accompagnent sa reddition ( octroi des paroisses de Bains et de Langon, puis de Renac et de Brain) n’empêcheront pas Conwoïon, le moment venu, de rendre la monnaie de leur pièce au successeur de Louis et au Métropolitain de Tours.


La décennie qui suit voit grandir l’influence de l’abbaye de Redon qui s’étoffe . Les vocations religieuses affluent. Le rôle de l’abbé va très vite s’étendre au dehors de son couvent. Il se trouve en effet qu’à la mort de Louis le Débonnaire, Nominoë fait savoir à son successeur qu’il ne se sent absolument pas lié à lui comme il l’était envers son père. Il trouve d’autre part un appui sérieux dans l’abbé de Redon qui a lui-même quelque souvenir amer à avaler.


Sur le plan militaire, Nominoë bat Charles le Chauve à Ballon, près de Bains et dans le domaine religieux, Conwoïon oblige les évêques francs à porter leur démission à Rome pour simonie. Ils seront remplacés par des bretons. D’autre part, le pape accorde l’érection de Saint-Brieuc et de Dol en évêchés, conférant à ce dernier la qualité de métropole de l’Armorique au détriment de Tours. En 848, l’abbé de Redon n’admet pas les exactions de Nominoë contre les moines de Saint-Maur. Il les prend sous sa protection et se fâche avec Nominoë.


La rigueur de sa conduite ne lui crée pas que des amis, plusieurs seigneurs profitent de sa rupture avec Nominoë pour tracasser les moines, les menacer de mort et leur extorquer de l’argent ; de plus en 854, les terribles Wickings remontent la Vilaine et pillent l’abbaye ; les moines effrayés s’enfuient.


Salomon, qui a pris la succession de son cousin Erispoë, accorde à Conwoïon l’abbaye de Maxent à l’abri des forts de Campel qu’il a fait construire.


C’est dans cette retraite qu’il s’éteint à l’âge de 80 ans le 5 janvier 866. Enterré à Maxent, ses reliques furent transférées à Redon où elles furent profanées en 1793.


Un décret de la Sacrée Congrégation des Rites a rétabli son culte le 1er septembre 1868, et un autre décret en date du 30 janvier 1953 établit Saint Conwoïon patron céleste de la paroisse de Comblessac. Sa statue est alors placée au nord de l’autel principal, mais lors des travaux de rénovation de l’église en 1993, pour une raison d’esthétique, le saint patron a cédé sa place à Saint Eloi pour venir dans la chapelle sud.


Sa fête, d’abord fixée au 5, puis au 16 janvier est désormais célébrée le 28 ou le dimanche le plus proche de cette date.

 

Doc : Les petits bollandistes édition 1880, bulletins paroissiaux
Voir aussi Conwoïon, le très grand chef.
La chapelle Saint Conwoïon
Paul Morissot (Mémoire de Comblessac)